L'ancre du baluchon...
L'ancre du baluchon... On la jette, on la lève... On reste, on part... On programme, on s'improvise... Mais le baluchon se charge toujours qu'on soit ici ou ailleurs !

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L'ancre et l'encre !

L'ancre : si je la jette mon enfant... c'est pour mieux m'en rappeler !

      Quand on décide de jeter l'ancre, on peut aussi prendre le temps de jeter l'encre, parce qu'il parait que  "L'encre la plus pâle vaut mieux que la meilleure des mémoires !" (Proverbe chinois)... A y réfléchir, ce n'est vraiment pas faux (et surtout me connaissant !). Donc voilà on va essayer de faire en sorte que l'encre coule à flot, emportant avec elle : émotions et perceptions personnelles ou collectives... Bien sûr, tout ceci dépendra du regard de chacun. Et puis on lèvera l'ancre de nouveau... Et si c'est l'ancre d'une galère, on deviendra néo pirates : tête haute, à la vie plus qu'à la mort, on la dépouillera de ses astuces et coups fourrés, à l'abordage de la bouée de secours (parce qu'il y en a toujours une !)

      En 25 ans, le Baluchon s'est déjà bien remplit mais ça n'est toujours pas suffisant. On cherche une destination alors que bien souvent le pas de travers, ou de coté suffit... Et d'ailleurs c'est peut être à force de pas de travers ou de côté qu'on pourra se dire arrivé !

Si l'encre est sur le papier, l'ancre est finalement en nous même !!



Publié à 10:25, le 18/10/2015, Rompon
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En roues libres sur le canal du midi

Il y a de ces aventures qui se décident comme ça, et qui nous emmènent à lauré de nos envies, de nos rêves. En prenant les choses au vol, en ne se posant pas de questions de logistiques ou d’organisation, on se laisse surprendre parce qu’on ne s’attend à rien. On devient les opportunistes de l’instant. Nous savons juste que nous voulons rejoindre au plus vite Miléna, mais nous ne savons pas trop où elle est, mis à part qu’elle est quelque part à côté de Toulouse. Le monde est petit et nous sommes assez gros pour pouvoir se retrouver. Et nous sommes assez forts pour la rejoindre à vélo ! C’est avec thomas que l’aventure sera partagée.

 

Le petit vélo dans la tête s’enfourche enfin pour de vrai… Sur les traces des parents ! On y est, on est prêt, on a chargé Bob, on y va sur un coup de tête ! En selle du sud est au sud ouest, du pélardon au confit de canard, on prend la route en roues libres pour 400 kilomètres. A chaque tour de pédale, un nouveau tour d’horizon ! Il y a à vélo, quelque chose de juste qui laisse le temps d’apprécier les détails du paysage tout en avançant suffisamment pour en voir défiler : un peu comme une douce lecture ! Mais tout ceci n’est pas aussi idyllique quand on se retrouve sur les grandes cicatrices bitumées de la terre, ou les voitures se tirent la bourre, où les gaz prennent même le dessus sur nos odeurs de transpiration… ce qui nous transforment en cycliste pollué ! Heureusement que notre objectif nous fait peu endurer ça, le Canal du midi nous attend : nous entrerons dans le couloir où le vent se fera plaisir de nous nettoyer le nez de ses effluves maritimes ou océaniques, suivant son humeur.

 

Et c’est comme ça qu’on se retrouve à faire :

 

-         Jour 1 : l’Estréchure – Jacou : 85 km

-         Jour 2 : Jacou – Marseillan : 80 km

-         Jour 3 : Marseillan – Colombiers (Canal du midi) : 49 km

-         Jour 4 : Colombiers – La Redorte en minervois : 64 km

-         Jour 5 : La Redorte en minervois – Villepinte : 64 km

-         Jour 6 : Villepinte – Vieille vigne : 43 km

-         … et après c’est du bricolage et du vélo-roulotte une trentaine de km!

 

Après 2 jours, après plus de 160 kilomètres, nous voilà enfin sur les anciens chemins de halage.  On se met enfin à suivre l’eau du regard, et à poursuivre « l’eau-delà » plus paisiblement ! Les platanes nous donnent la cadence tous les quelques mètres et deviennent la boîte à rythme de notre rythme cardiaque. La pluie a laissé derrière elle, des chemins boueux, mais l’automne est là pour déshabiller les arbres et nous offrir un revêtement de choix… Les platanes se dénudent et nous on rajoute des couches car le vent (de face) se refroidit mais le soleil persiste malgré tout. L’automne est bel et bien là, l’été et sa haute saison s’est mise à hiberner, les campings se font moindre, nous nous mettons au camping sauvage… Avec l’odeur de transpiration nous sommes en adéquation avec le terme « sauvage » !!  Plus nous avançons dans le temps et l’espace, plus les bateaux de locations se font aussi rares : les touristes hibernent pareil (tant mieux, au moins la route est longue mais la voie libre !). Nous avançons bien, nous avançons vite. Quelques martin-pêcheur nous encouragent, et me fait dire que le mot liberté devrait s’écrire avec 2 « ailes » ! Les corps tirent : on a mal aux fesses, aux cuisses, aux mollets… si on cherche une réponse à cette souffrance, on répondrait qu’on a faim de rencontres, d’horizons, d’aventures et que là nous dégustons un bon casse c-route. La fatigue est bonne !

Kilomètres 385… Vieille vigne, à gauche le canal, à droite une autoroute, et une ferme un peu spéciale au premier coup d’œil ! L’image est plutôt paradoxale ! Au pied d’une éolienne une voiture de police encastrée dans le sol, plus loin, une yourte et une roulotte et dans un des murs de la ferme, un ancien car de CRS qui sert d’agrandissement à la bâtisse ! C’est ici, dans ce lieu insolite que nous retrouvons Miléna !

 

Miléna, c’est la grande sœur de thomas qui s’est mise sur les routes en roulotte il y a quelques mois. Miléna c’est un mélange de convictions vivantes, elle dégage une grande force à réaliser ses rêves. Sur sa roulotte, une citation d’O. Wilde qui lui ressemble bien: « Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit »… Elle est partie des Pyrénées pour, dans un premier temps s’arrêter dans les Cévennes. Pour suivre Miléna : rencontres-alternatives.blogspot.com

 

Nous passons quelques jours à nous reposer et à bricoler. Nous continuons d’isoler sa roulotte et l’aidons à installer Georges le poêle qui lui permettra de ne pas se laisser refroidir durant son périple. Et puis enfin le convoi est fin prêt. Les roues libres se remettent en route ! L’image est quelque peu insolite : 3 chiens (dont un à 3 pattes), une jument d’une tonne, une poule, un patineur, 2 vélos, une roulotte et des sourires à tire-larigot ! Nous devenons à tour de rôle les maîtres des rennes. Cocher d’un instant : c’est un beau cadeau que Miléna nous offre et le plaisir se lit sur nos têtes. On s’y croit ! Avec une moyenne de 5 km/h, on a le temps de mesurer tout ce qui nous environne. C’est sûr, le bonheur n’est pas sur le chemin, le bonheur c’est le chemin ! Le soleil descend, les journées sont courtes et nous ne les voyons pas passer. Les soirées sont chaleureuses, nous nourrissons Georges et nous le rend bien. Nous partageons des bons petits repas, nous chantons. C’est folklorique et magique.

 

Et puis comme chaque chose à une fin, nous quittons la tribu de la lutinerie (nom donné à la roulotte), ré-enfourchons nos vélos. Direction : une gare ! Finalement 6 jours pour arriver à notre objectif se résument en 30 mn de vélo, 3 heures de train, 3 heures d’attente, 1 heure de bus…

  



Publié à 21:54, le 25/10/2010 dans les petits pas de travers, Rompon
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Réponse faite au "rêve de l'arbre"...

Le rêve de l'arbre (http://www.platcommelaterre.fr/) a aussi ses questions... La question est simple paraît-il : POURQUOI NE PAS PARTIR POUR UN LONG VOYAGE ?

Pourquoi nous ne partons pas longtemps ? Dans notre société, nous sommes formatés et conditionnés dès notre plus jeune âge à vivre en ayant la crainte des autres. Rappelons nous de cette phrase  « Ne parle pas aux inconnus » : qui n’a jamais entendu cette phrase sortir de la bouche d’un adulte étant enfant ?  « Mais si je ne leur parle pas, comment je fais pour les connaître ? ».  Puis on grandit, on se construit, on nous programme, on nous moule à la bonne image. « Sois bon à l’école, et t’iras loin dans la vie » qu’ils disaient ! Mais pourquoi on nous dit pas aussi « Si tu n’étudies pas voyage et tu iras loin dans ta vie » ! Paradoxe ! Le chemin à parcourir est plutôt une échelle à monter pour beaucoup ; on fait de son mieux, on fait ce qu’on peut pour répondre aux attentes des autres.

Puis y’a les médias qui nous donne une vision pas forcément des plus positives et pas des plus justes non plus du monde et de son état. On a l’impression que ça pète de partout, la parano-info est au rendez vous ! Entre réalité et fiction, la marge est souvent vraiment grande, on vend de la psychose à grande dose, on nous fait avaler la pilule virtuelle. Ca fait partie de notre quotidien ! D’ailleurs parlons-en de celle qui nous fait tourner en rond : la routine ! On se fait ses repères, on a ses petites manies, ses rituelles, envisager de partir c’est perdre tout ça, c’est casser la routine pour partir à l’inconnu. Pas facile pour tout le monde de s’arracher de ses habitudes !

Comme dans notre système capitaliste, le temps c’est de l’argent, on met le doigt sur le grappin, on n’est pas assez riches ou on a peur de se ruiner en partant. Le prétexte financier est une idée reçue que les gens ont peur de vérifier. Et puis en France on peut profiter du RSA, dès qu’on se retrouve dans cet engrenage ou avantage, il faut rendre des comptes, actualiser la situation tous les mois, aller à des entretiens, pour recevoir son dû… C’est une entrée d’argent qui nous coute puisqu’il nous demande d’être disponibles.  Et le temps qui passe pendant mon voyage est un trou dans la carrière, un creux dans le CV alors que nous devons tellement être dans la course !  Et dans nos têtes d’inconditionnels écervelés on se dit souvent « et si… », avec des si on peut se refaire le monde de toutes les couleurs, mais on peut aussi vite se monter la caboche de frayeurs.

Et puis partir, ça signifie aussi de devoir revenir, sinon on appellerait ça un déménagement. Le moment du retour après un certains temps d’absence sans préparation peut être aussi dur, parce que les autres ne partagent pas nos émotions, l’échange n’est pas vraiment à l’ordre du jour, ils nous interrogent : on raconte ! Finalement on peut être frustré. Le voyage peut aussi nous changer, nous et notre vision personnelle… on a peur de ne pas retrouver ses repères au retour, on a peur de n’être plus le même dans le regard des autres mais on a aussi peur de ne pas retrouver ces mêmes autres à notre retour !

 

 

Et puis dans tout ça, y’a ceux qui marchent à contre sens, y’a les rêveurs courants d’air, y’a ceux qui ne se laissent pas enfermer à l’extérieur, y’a les audacieux pas de travers… qui partent, qui reviennent ou pas, qui « envoyagent », qui racontent, qui contaminent ou qui dégoutent les autres !

 

 

 

En additionnant toutes ses raisons… oui effectivement ça fait beaucoup de freins et des peurs qui en découlent.

 

            Je vais pour partir ou pour revenir ? Beaucoup partent pour avoir des choses à raconter en retour, un album photos sourires tout azimut du pole nord au pole sud, alors que trop peu partent pour aller à l’encontre de soi des autres et de l’histoire du monde. Cette question est à mon avis à se poser avant de partir, la dimension et la dynamique ne sera pas du tout la même. Nous ne serons pas ouverts de la même façon !

 

            La notion de voyage long terme et aussi complexe. Pour moi ce qui importe c’est la démarche. Je ne suis pas obligée de faire le tour de France ou du monde, ma vie est mon voyage long terme. Ce qui m’importe ça n’est pas tant la distance, non pas ce que j’ai parcouru mais plutôt ce qu’il me reste à parcourir. Qu’importe de partir 1 mois ou 100 ans si je trouve ce que je veux en chemin ! Et puis on cherche une destination alors que bien souvent le pas de travers, ou de coté suffit... Et d'ailleurs c'est peut être à force de pas de travers ou de côté qu'on pourra se dire arrivé.



Publié à 20:51, le 24/10/2010, Saint-Front
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De cabanes en cabanes en vallée d'Ossau

  Le premier pas en tête, c'est avec un grand soleil caressant les paysages et chatouillant les fleurs que j'imagine ce treck en Ossau... J'ai des émotions et des souvenirs de cette vallée dans mons sacs à souvenirs qui se réveillent en ébulition. Je prépare mon baluchon avec soin continuant à songer aux grands espaces et hauts sommets...

 

Mais hélas, le premier vrai pas se fera sous la pluie, un brouillard accroché à ses jupons et par là même à mes semelles ! Le temps vient soudainement désanchanté mes souvenirs. L'itinéraire s'improvise au goût du jour mais surtout selon les caprices du ciel. On fait en 5 jours ce qui par temps clément aurait été parcouru en 2 jours. Sur mes pieds humides se dessinent des ampoules, ce qui vient rajouter un peu de souffrance à cet idylle raté. Le poid des sacs est là pour nous rappeler que nous sommes partis pour faire le tour de la vallée d'Ossau, nous marchons donc de bon train dans l'espoir de voir le soleil débouler... Mais non ! Taux d'ensoleillement sur une semaine : une petite matinée !!

 

Mon pied droit avance et comme un idiot l'autre le suit... pas à pas, mètres par mètres, la marche pourrait être une branche de l'anthropologie. On sent ses muscles s'étirer, son souffle s'éssoufler, le rythme cardiaque suivre nos mouvements, et à côté de ça on se cogne aux 4 points cardinaux, et les questions existentielles viennent résonner en tête... peut être un effet secondaire des caprices du ciel. Quand le rideau est tombé finalement c'est vers soi qu'on se tourne, le théâtre de dame nature ne fera pas son spectacle sous le grand éclairage. Mais la magie du brouillard, garnie de ses effets spéciaux donnent l'ambiance curieuse, qui pourrait directement sortir d'un film fantastique.

 

Mais même sous un ciel pareil, les yeux et oreilles s'aiguisent sur les surprises rencontrées en cours de sentiers : un renard, un rut de chevreuil, des vautours fauves, un gypaète barbu... Et puis c'est aussi la fin du printemps, ces fleurs qui portent les couleurs que notre peau n'aura pas. Gentiane, Arnica, Rhododendron, Valériane... toutes en farandoles pour notre petit plaisir égoïste. Nous les cueillons en mémoire du plateau de Castet au plateau de Besse. Elles s'affichent maintenant en ribambelle dans le baluchon hémisphère gauche. 

 

 

 

 "De la vallée on voit de grandes choses. Du sommet du Pic, on en voit que de petites" - Gilbert Keith Chesterton.

 

A suivre : la revanche sur le pic du midi d'Ossau !

 



Publié à 15:05, le 29/06/2010 dans les petits pas de travers,
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Saint Front

 Saint Front c'est 6 mois, 2 saisons... Le paysage est printanier, mais nos corps pensent encore à l'hiver qu'on vient de passer. Ce dernier coucher de soleil vient peut être se faire pardonner de nous avoir un peu laissé à notre drôle de sort. Cet endroit c'est un petit bout de Canada en France, on se pique au -20°C, rien à moins de 20km en terme de civilisation, que des champs et forêts : un bout de terre incertain... 

 

Au milieu de ce paysage volcanique, le lac de saint front s'étire mais n'éteindra pas les idées effusives de nos têtes... Au contraire ! On s'en inspire à chaque regard. Parfois calme, agité, lumineux ou non, on suit son rythme. Et les histoires s'enchainent. 

Par exemple c'est avec beaucoup d'audace que nous traverserons le lac gelé le dernier WE avant qu'il se mue. Ses craquements sous nos pieds nous rappellent à l'ordre mais dâme nature aura vu juste pour 5 mézèques en quête d'une expérience frisonnante.

Ou une autre fois, nous prenons la barque, les vagues déferlent, le vent nous frigorifie, nous sommes alors en mai et la neige est revenue ! Nous en voulons, nous ramons, nous avançons ??? benh pas trop ! On s'accroche a ce qu'on a, notre motivation et notre bière ! Le tour de la bouée se fait avec grande difficulté mais on moins on l'a fait !

 

Saint Front c'est un bout d'ailleurs pas si loin, un point géographique au milieu de rien, et pourtant un bout de terre à l'effet d'un attrappe coeur.

 

Ce soir là, l'instant s'est posé, s'est figé, l'heure est au bilan... Que dire ? Rien ! Le sourire est là pour tout dire à notre place. C'est le moment de descendre de son volcan et d'aller chercher d'autres routes... sans congère !



Publié à 22:37, le 5/06/2010 dans les petits pas de travers, Saint-Front
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